La survie du plus fort, le plan B de Joseph KABILA : Félix TSHISEKEDI élu provisoirement président pour sa succession

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La survie du plus fort, le plan B de Joseph KABILA : Félix TSHISEKEDI élu provisoirement président pour sa succession.(RDC)

Par Didier AMANI SANGARA

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es » Proverbe

« Quand tu t’es battu si dur pour te remettre débout … Ne retourne jamais vers ceux qui t’ont mis à terre » ! Mandela.

« Il faut refuser la paix des cimetières qui sera source de nouvelles déceptions et socle pour de nouvelles guerres » « Mgr PALUKU SIKULI Melchisédech/Evêque du Diocèse de Butembo-Beni ».

Pour moi, la leçon est là.

Si la Cour constitutionnelle de la RDC proclame Félix TSHISEKEDI vainqueur à la présidentielle du 30 décembre 2018, ceci nous amène à une hypothèse : Le pouvoir du président Felix TSHISEKEDI comparé à celui de l’ancien président du Rwanda Pasteur BIZIMUNGU (1994- 2000).

Ce Hutu avait été nommé à la tête de l’Etat en 1994 après avoir lutté avec la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) mené par le général Paul Kagamé et qui a mis un terme, en juillet 1994, au génocide perpétré par des extrémistes hutus contre les Tutsis (environ 800 000 personnes tués selon l’ONU). Leur coopération, censée symboliser la réconciliation après le génocide, s’était vite tendue : Monsieur BIZIMUNGU avait démissionné après un désaccord avec des responsables du FPR sur la composition d’un nouveau cabinet. Poussé à la démission, il avait été remplacé par Paul Kagamé, alors vice-président.

Qu’est devenu le pasteur BIZIMUNGU après sa démission à la présidence du Rwanda ?

Étudiez le choix du Président Joseph KABILA.

Si Félix TSHISEKEDI reste vainqueur après la validation des résultats par la Cour Constitutionnelle de la RDC, durant son mandat, il aura des difficultés à diriger ce pays sans la majorité au parlement contrairement au FCC. N’ayant pas même l’influence sur l’armée qui obéisse à Joseph KABILA et s’appuyant ou tirant ses leçons aux parasites qui sussent le sucre de l’un ou l’autre pour se nourrir et pour reste en vie, contraint de travailler et pris au piège, il sera obligé de démissionner ou soit être destitué par l’armée suite à son incapacité de rétablir l’ordre dans le pays vu les enjeux en place… Et là, on va recourir au président du sénat pour diriger la transition qui est la continuité du président Joseph Kabila.

Avec la coalition CASH-FCC, Félix TSHISEKEDI s’entoure des requins, qui travaillent pour lui et l’ont aidé à arriver là où il est aujourd’hui. Et un jour, il va tomber de nuit quand l’un des requins va l’attaquer, voulant le dévorer comme un prédateur qui tu sais il est. Il ne va pas se plaindre de la situation qui l’a provoqué.

Aujourd’hui, on peut dire à Félix TSHISEKEDI qu’il a bien joué, qu’il est un champion, qu’on est fier de lui, félicitation, c’est un bon leader. Et pourtant, croyant qu’il a le pouvoir, il n’a absolument rien. Enfin, c’est que je pense moi. Le vrai pouvoir se tins, le vrai pouvoir se cache, le vrai pouvoir c’est inné, on l’a dans le sang, c’est quelque chose qu’on a en soi. Aucune stratégie ne peut garantir le succès si la balance penche trop du côté opposé.

Le commandement n’est pas un emploi qu’on quitte comme ça. Kabila garde non seulement le pouvoir, il arrive à le consolider et même renforcer, et se met dans une position où il peut reprendre à tout moment, et assez facilement, aussi formellement la présidence, probablement après un nouveau changement constitutionnel. Car, il suffit que la Cour constitutionnelle constate un « empêchement définitif » pour Félix TSHISEKEDI ou quiconque de siéger. Pourquoi pas un coup d’Etat ?

Il est plus efficace de vous poser d’abord ces questions d’« épreuve de la réalité ».

Comment le président Félix TSHISEKEDI pourra faire pour résoudre :

  • Un problème de désaccord avec des responsables du FCC sur la composition d’un nouveau gouvernement, la fonction publique et la nomination des grades des officiers et leur mise en place dans la fonction militaire de carrière sans aucune ségrégation et sans favoritisme ?
  • Le problème le plus difficile de la réconciliation nationale du peuple congolais rempli du tribalisme et de la haine ?
  • La question liée à la nationalité ou identité qui est l’un des problèmes le plus douloureux et le plus complexe depuis plus de 50 ans en RDC ?
  • La gestion du surplus démographique au Rwanda ainsi que l’équation foncière qui en découle, qui voit en RDC un espace idéal de caser ses populations en créant des zones de conflit aux fins de déplacer les populations autochtones congolaises pour les remplacer progressivement par des nouveaux arrivants rwandophones ?
  • Le problème de la nécessité du Rwanda de mettre place au départ du Congo Démocratique, une zone tampon occupée par les rwandophones Tutsi, devant servir de bouclier de sécurité des Tutsis au Rwanda. Ainsi, le régime de Kigali ne tolère jamais un dialogue politique et démocratique inter-rwandais avec les FDLRen vue de leur rapatriement au pays des mille collines et la mise en place d’un système électoral, politique et démocratique similaire à celui appliqué en Afrique du Sud de l’après Apartheid ou en Belgique, un pays souvent confronté à des tensions politiques bicommunautaires ?

Au cas où, la Cour constitutionnelle ne valide pas l’élection de Félix TSHISEKEDI  et proclame Martin FAYULU vainqueur des élections du 30 décembre 2018 voulant montrer au monde entier et au peuple congolais qu’elle reste indépendante et qu’on peut compter sur elle ; ce qui me parait juste pour le président Joseph KABILA de laisser derrière lui une image d’un président qui a respecté la constitution en organisant les élections et qui respecte la décision finale de la Cour constitutionnelle après examen des résultats de ces dites élections. Même si la volonté du peuple est respectée à travers la vérité des urnes, de même, le président Martin FAYULU aura les mêmes contraintes citées ci-haut pour diriger ce pays. Ici, quel est l’intérêt du peuple congolais ou de chaque citoyen (ne) congolais (e) ? Avec la majorité parlementaire du FCC, la primature, le sénat et l’armée qui obéisse au président Joseph KABILA, nous pouvons conclure que le président Martin FAYULU sera entre le marteau et l’enclume. Et, le peuple ne peut s’attendre à aucun changement. Nous nous referons encore au principe « divide ut impera » qui semblait avoir attisé tous les feux de la région avec un fond mafieux de l’appât du gain en fabriquant un système d’instabilité respectant le principe de « diviser pour mieux régner ».

En analysant comment ces élections ont été organisés, se sont déroulées avec des irrégularités et au finish donnant la majorité absolue à la classe politique du président Joseph Kabila pour s’éterniser au pouvoir après 18 ans de misère du peuple congolais, l’annulation de ce scrutin organisé le 30 décembre 2018 s’avère nécessaire. Il serait souhaitable de tout recommencer à zéro et appliquer la meilleure solution de rechange pour succéder à un homme puissant comme Joseph KABILA. Et l’option transition avec ou sans Joseph KABILA n’est pas envisageable aujourd’hui après ce coup rusé et fatal qui justifie sa passion à la RDC. Le peuple congolais doit prendre le temps de réfléchir à ce que l’on a fait. Qu’est-ce qui a fonctionné, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ou qui ne fonctionne pas ? En quoi aurait-on pu agir différemment ?

L’accommodement de leaders politiques congolais : dire ‘’oui’’ quand il faut dire ‘’non’’.

C’est en général un « oui » malsain qui achète une paix fausse et temporaire. Donnez-leur le pouvoir et argent, ils vous vendent tout. Il leur porte un tel mépris qu’ils ne s’en rendent même pas compte.

Au cœur de la difficulté à dire non, il y a la tension entre exercer votre pouvoir et veiller à votre relation. Exercer votre pouvoir : c’est bien ce que vous faites en disant non, qui peut créer des tensions dans votre relation mais sans affaiblir votre pouvoir.

On peut se donner le titre de commandement mais croyez-vous que vous l’ayez arraché au plus fort que vous ? Tous les leaders politiques de la RDC visibles aujourd’hui ne peuvent rien pour succéder au président Joseph KABILA car, il est en compagnie des autres dinozores.

On gagne en pouvoir en comprenant les intérêts en jeux : Il faut chercher les intérêts cachés et impondérables. Face à des intérêts concrets comme « commerces » ; il faut se demander ce qu’ils cachent. Plus on comprend les intérêts du Rwanda, Ouganda et ceux de l’occident, Russie et Chine, plus on est à même de les satisfaire à un moindre coût.

Pour déchiffrer la manière dont le président Joseph Kabila voit les choses, il faut commencer par identifier la personne responsable de ses décisions sur lesquelles on désire influer. Si les problèmes des pays de la sous-région des grands-lacs africains sont traités directement, non par les exigences ou des concessions sur le fond, alors les négociations entre pays pourront se dérouler sans heurts et procurer de la paix entre les pays de la sous-région des grands-lacs africain.

C’est avec sagesse et l’amitié qui me donnent la sorte de courage qu’il faut à un être très jeune et très faible pour s’accoutumer à l’idée qu’il vivra dans un monde peuplé d’animaux prédateurs. Seul, le Tout-Puissant peut succéder à Joseph KABILA en nommant un homme, ayant en lui l’esprit de Dieu, intelligent et sage en lui donnant le commandement de la RDC pour défier le dévastateur.

Qui est ce leader congolais digne, éligible et choisit par l’Eternel qui pourrait faire face au géant Goliath de la République Démocratique du Congo ?

La vraie personne qui détiendra le pouvoir en République Démocratique du Congo pour relever le défi du peuple congolais et apporter une solution valable pour retrouver la paix et la sécurité aux pays de la sous-région des grands-lacs africain ; doit imaginer une nouvelle approche dans la recherche de solutions au Congo Démocratique.

On devrait envisager un projet de société qui s’inscrit dans le cadre de :

  • Retour au Congo Démocratique des réfugiés congolais se trouvant au Rwanda ;
  • L’intégration totale de la communauté Tutsi congolaise dans la société congolaise au lieu de se faire haïr par d’autres communautés en place en cherchant toujours rattacher l’ancien Kivu au Rwanda ou en faire un Empire sous commandement du peuple minoritaire ;
  • L’adoption d’accepter les réfugiés rwandais dans la société congolaise au sol congolais depuis 1994, pourchassés partout, sans que personne n’intervienne à leur faveur, où le Rwanda fait toujours la chasse à l’homme, … Et la Communauté International n’a rien donné comme solution jusqu’aujourd’hui par rapport à ce sujet. Car, ces citoyens rwandais causent des drames avec des conséquences incommensurables (tueries, viols, vols, pillages le long de la route aux usagers, récoltes, bétails, biens, argent, incendie des maisons) au détriment de la population congolaise. Ils sont aussi enrôlés dans certaines milices des enfants légitimes de ce pays. Ces exactions causent aussi des déplacements massifs des citoyens congolais (qui fuient les atrocités) en abandonnant leurs biens, …. Au cas contraire, il faudrait envisager un dialogue Inter-rwandais.

En adoptant ces réfugiés rwandais dans la société congolaise au sol congolais depuis 1994, la RDC aura l’aide et l’attention de la Communauté Internationale (qui a échoué jusqu’aujourd’hui de résoudre cette énigme des réfugiés rwandais au sol congolais) et elle aura résolu le problème de l’identité, de l’agression du Rwanda et l’Ouganda, de l’insécurité à l’Est, de pillages, de viol, voir même des groupes armés.

Attention, les enfants des réfugiés rwandais nés depuis 1994 au sol congolais connaissent nos dialectes, nos langues, nos tactiques, notre culture ; ils sont partout sans moindre épreuve pour les distinguer. Ceci est une bombe à retardement s’il y a un manque d’imagination pour une nouvelle approche. En envisageant aussi le retour au Congo Démocratique des réfugiés congolais se trouvant en étranger, on renouera les relations fortes avec les pays voisins, l’Identité Transnationale et Intégration sous régionale auront leurs places. L’idéologie de haine contre les Tutsis et de suspicion contre le Rwanda à ce moment-là, ne continuera pas de vicier les analyses sur le conflit en RDC et aux pays des grands-lacs africain. Il y aura de changements significatifs derrière cette idée de la balkanisation de ce pays.

sangaraamani.com

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